LE TIGRE NOIR

 


C’était 1920 … et un homme s’éleva, Marcus Mosiah Garvey. Une Tête noire de raison noire … un mental sans peur. Une pensée non impressionnée par les hommes blancs et leurs eploits sanglants. Un esprit qui voyait la vérité. Et pour la première fois en 300 ans, l’homme noir vit un pâle éclat de lumière éclaircir son obscurité. Le message prêché par Garvey était simple, aux hommes blancs, il disait : Hors d’Afrique ! Et à l’homme noir : Retour en Afrique ! … l’Afrique à l’homme noir, chez nous et à l’étranger – que le Continent soit Noir du Cap au Caire.

Marcus Mosiah Garvey voyagea à travers le monde vers chaque nation où l’homme noir poursuivait son long séjour, pris dans de vicieux pièges mentaux desquels il ne pouvait se dépêtrer. L’homme noir avait depuis longtemps oublié son droit au rapatriement, n’ayant retenu que les 100 années de la Déclaration d’Émancipation, dont les termes n’avaient jamais été respectés. Seules les chaines avaient été ôtées des pieds de l’homme noir, mais son statut de serviteur des hommes blancs restait inchangé et inaltéré. Il était toujours gouverné de la main des hommes blancs et sa terre demeurait la proie des hommes blancs. Marcus Mosiah Garvey mis à bas l’apathie de l’homme noir envers son lot, et chercha à lui rappeler son histoire, sa vérité et la magnificence de son héritage. Marcus Garvey fut responsable de la publication d’un journal qu’il nomma : l’HOMME NOIR et dans une de ses éditions il avait cela à dire :

La Nation est la plus forte sécurité d’un peuple … avec la clameur des autres peuples pour une cause similaire, nous élevons notre cri au plus haut des cieux pour l’admission du Nègre dans le plan d’autonomie. De tous côtés nous entendons le cri de la suprématie blanche – en Amérique, au Canada, en Australie … sans désirer le mal de quiconque, l’UNIA pense que le Nègre devrait, sans aucune excuse ni compromis, faire appel au même esprit d’amour et de fierté raciale qu’affiche la grande race blanche pour sa propre préservation, ainsi pendant que d’autres élèvent le cri d’une Amérique blanche, d’un Canada blanc, d’une Australie blanche ; nous aussi, élevons sans retenue le cri d’une Afrique Noire.

Marcus Mosiah Garvey était à la fois haï et craint par les hommes blancs. Il était persécuté, traqué et finalement emprisonné lorsqu’avec les contributions de millions de noirs, d’Afrique, des Amériques, d’Europe et des Antilles, pensant similairement, il fit l’acquisition de navires (la Black Star Line) et que des milliers de noirs étaient prêts à partir pour le continent d’Afrique, leur maison. Les hommes blancs ne purent rester figés devant un tel acte qui menaçait le cœur de leur autorité et de leur existence.

Les hommes blancs ne pouvaient se permettre de perdre une force supérieure de travail d’une telle valeur, et pire, ils ne pouvaient laisser l’homme noir reprendre possession du continent qui était la source de leur richesse et de leur bien-être. Ils inculpèrent donc Garvey de fraude postale – il avait sollicité des fonds par le courrier – et le 17 Juin 1923 il était incarcéré à Tombs Prison aux États-Unis d’Amérique … et les navires furent saisis.

La tentative de l’homme noir d’échapper à son exil de torture dans les terres des étrangers blancs se termina en déceptions. Mais Marcus Mosiah Garvey avait réveillé la raison, et amené une nouvelle compréhension à plusieurs millions parmi le peuple noir, qui, sans chaines aux pieds, reconnurent qu’ils étaient tout de même encore captifs. Les hommes blancs connaissaient pleinement les dangers inhérents aux enseignements de Garvey. Les hommes blancs savaient que pour le pauvre peuple noir, dépossédé et condamné à vivre à la périphérie de l’existence, l’attrait du mérite et de l’accomplissement et la promesse d’une Afrique Noire seraient si forts qu’il ne saurait le contenir.

TRES SAINT JEAN MARCUS I SELASSIE I JAH RAS TAFARI !